Bois St-Cyr : découvrir une forêt nourricière dans les Laurentides

À Labelle, un peu plus loin des circuits touristiques habituels de Mont-Tremblant, il existe un lieu où les arbres, les arbustes, les plantes et les insectes semblent avoir appris à travailler ensemble.

Bois de St-Cyr est une forêt nourricière cultivée et régénérée écologiquement afin de produire des fruits, des petits fruits et des aromates sauvages et indigènes. Ces récoltes servent ensuite à créer des alcools fins, des tartinades et des boissons non alcoolisées en très petite production.

J’ai eu la chance de découvrir ce lieu lors d’une visite guidée.

Je pensais visiter une production artisanale. J’ai finalement découvert un véritable écosystème, une manière différente de cultiver et surtout une magnifique démonstration de ce que la nature peut accomplir lorsque chaque élément trouve sa place.

Une forêt qui travaille en équipe

Une forêt nourricière cherche à reproduire l’organisation naturelle d’une forêt tout en y intégrant des végétaux comestibles.

Ici, les plantes ne sont pas simplement alignées dans des rangées en attendant qu’un humain vienne tout faire à leur place. Elles poussent sur plusieurs niveaux et participent ensemble à l’équilibre du terrain.

Les grands arbres forment la strate supérieure.

Un peu plus bas se trouvent les arbres fruitiers, comme les pommiers. Viennent ensuite les arbustes produisant des bleuets, des cassis, des groseilles et d’autres petits fruits. Près du sol, les fraises et les plantes plus basses occupent les espaces encore disponibles.

Chaque strate reçoit une lumière différente, utilise l’espace à sa manière et contribue au fonctionnement général de la forêt.

Bien sûr, cet équilibre demande de l’attention et du travail. La nature est une excellente collaboratrice, mais elle n’a toujours pas appris à répondre aux courriels ni à remplir un calendrier de production.

Il faut observer, intervenir au bon moment et comprendre les relations entre les plantes.

Mais contrairement à une culture où chaque végétal est isolé, la forêt nourricière repose sur la coopération.

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Une expérience de symbiose

Les deux mots qui me sont restés après cette visite sont symbiose et harmonie.

Le terrain se partage entre les espaces ensoleillés et le sous-bois. Certaines plantes recherchent la lumière, tandis que d’autres profitent de l’ombre et de l’humidité offertes par les arbres.

En marchant, les odeurs se mélangent.

On reconnaît parfois une note fruitée, un aromate ou l’odeur plus profonde de la terre et du bois. Mais le plus souvent, on ne distingue pas un seul parfum. On ressent plutôt la présence de l’ensemble.

Cette impression correspond parfaitement au fonctionnement du lieu : aucun végétal ne raconte toute l’histoire à lui seul.

C’est leur association qui crée la richesse du terrain.

Marcher au rythme de la terre avec Jean-Yves

La visite est guidée par Jean-Yves Gaudet, artisan liquoriste et véritable passionné du vivant.

Il nous accompagne à travers les différentes parties de la forêt nourricière, présente les plantes, explique leur rôle et partage les observations accumulées au fil des années.

Ce qui m’a particulièrement marqué est son rythme.

Il ne donne pas l’impression de réciter un texte appris pour les visiteurs. Il regarde les plantes, s’arrête, touche une branche, remarque un changement et explique ce qu’il comprend du terrain.

On sent chez lui une proximité réelle avec la terre et une intuition extrêmement développée.

Cette connaissance ne vient pas seulement des livres. Elle s’est construite par l’observation, les essais, les saisons et probablement quelques conversations silencieuses avec des arbres plus coopératifs que certains humains.

La visite permet ainsi de comprendre qu’une forêt nourricière n’est pas un système figé.

C’est un cycle vivant qu’il faut constamment écouter et accompagner.

Des produits aussi originaux que la forêt

Au fil du parcours, nous découvrons également les produits créés à partir des récoltes de la propriété.

Bois de St-Cyr transforme notamment ses fruits et aromates en liqueurs, spiritueux, mistelles, tartinades et boissons non alcoolisées.

La dégustation donne une autre dimension à la visite.

Après avoir vu les plantes et compris leur place dans l’écosystème, on ne goûte plus simplement un alcool ou une confiture. On reconnaît derrière chaque saveur le terrain, les saisons et le travail nécessaire pour obtenir une matière première aussi particulière.

Les alcools sont fins, complexes et souvent très différents de ce que l’on trouve habituellement.

Parmi les créations proposées, la mistelle de bleuet sauvage est vieillie pendant plusieurs années, ce qui lui apporte des notes rappelant le porto. Le spiritueux à la baie d’aubépine développe quant à lui des arômes de vanille et d’érable pouvant évoquer le rhum épicé ou le whisky.

Des tartinades qui méritent qu’on ralentisse

Les tartinades sont tout aussi originales.

Le beurre de pomme sauvage et chocolat associe du chocolat belge à 58 % de cacao à la légère acidité de la pomme. La confiture d’aronia offre une saveur située entre le bleuet et le fruit du thé des bois, avec du sirop d’érable et du miel.

Ce sont des produits que l’on prend le temps de goûter.

Il ne s’agit pas d’une production industrielle destinée à remplir des kilomètres de tablettes. Les quantités sont confidentielles et les créations sont majoritairement exclusives.

Lors de la visite, nous avons appris que ces produits n’étaient pas distribués comme des alcools de grande production dans les succursales de la SAQ.

On les découvre directement auprès du producteur, dans le lieu où leurs ingrédients ont poussé.

Cela donne à l’expérience un caractère presque privilégié. On ne se sent pas comme un consommateur anonyme venu récupérer un échantillon. On se sent reçu comme un invité à qui l’on partage quelque chose de rare.

Une galerie d’art au cœur du sous-bois

La visite réserve également une très belle surprise.

Dans le sous-bois, des panneaux accueillent une exposition de photographies artistiques consacrées aux insectes observés sur la propriété.

Toutes les images ont été prises directement sur le site.

Cette exposition crée un contraste magnifique. Après avoir découvert les végétaux et goûté leurs fruits, nous pouvons observer de très près les petits habitants qui participent eux aussi à la vie de la forêt.

Les insectes ne sont plus présentés comme des visiteurs indésirables venus grignoter une feuille.

Ils apparaissent comme les acteurs d’un système beaucoup plus vaste : pollinisateurs, décomposeurs et partenaires invisibles de la forêt.

Les photographies sont à la fois précises et esthétiques. Elles nous obligent à regarder ce que l’on traverse habituellement sans le voir.

La forêt devient alors à la fois un jardin, un garde-manger, un laboratoire vivant et une galerie d’art.

Une leçon de coopération offerte par la nature

Ce qui rend Bois de St-Cyr particulièrement inspirant dépasse la qualité de ses produits.

Cette forêt nous montre qu’un système peut être productif sans que chacun de ses éléments lutte contre les autres.

Les plantes ne poussent pas toutes à la même hauteur. Elles n’ont pas les mêmes besoins et ne produisent pas les mêmes fruits.

Pourtant, leurs différences ne les empêchent pas de fonctionner ensemble.

Au contraire, elles rendent l’ensemble plus riche.

On arrive à Bois de St-Cyr pour découvrir des plantes et goûter des produits locaux. On repart avec une véritable leçon sur la coopération, la patience et l’intelligence du vivant.

Mon impression après la visite

Lorsque je repense à cette expérience, je me souviens d’abord des odeurs fruitées, de la lumière traversant les arbres et du calme du sous-bois.

Je me souviens aussi de la passion de Jean-Yves et de sa capacité à nous faire découvrir un monde que nous aurions probablement traversé sans en comprendre toute la richesse.

Mais je garde surtout cette sensation d’harmonie.

À Bois de St-Cyr, rien ne semble exister complètement seul.

Les arbres protègent les plantes plus fragiles. Les arbustes occupent les espaces intermédiaires. Les fruits nourrissent les humains et les animaux. Les insectes participent au cycle. Et les récoltes deviennent des produits qui racontent à leur tour l’histoire de la forêt.

C’est une visite qui se goûte, qui se respire et qui nous rappelle que la nature n’est pas seulement un décor.

C’est un système vivant dont nous faisons partie.

Découvrir Bois de St-Cyr avec D-Tour

D-Tour vous propose de découvrir cette forêt nourricière située à Labelle, dans les Laurentides.

L’expérience comprend une promenade guidée à travers les différentes strates de végétation, les explications de Jean-Yves, la découverte des plantes sauvages et indigènes, une dégustation de produits artisanaux ainsi que l’exposition photographique installée dans le sous-bois.

Une expérience idéale pour les amoureux de la nature, du terroir québécois et des rencontres authentiques.

Découvrir la forêt nourricière de Bois de St-Cyr

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Questions fréquentes sur Bois de St-Cyr

Où se trouve Bois de St-Cyr?

Bois de St-Cyr se trouve à Labelle, dans les Laurentides, au nord de Mont-Tremblant. Le domaine est installé dans un environnement partagé entre forêt, sous-bois et espaces plus ensoleillés.

Qu’est-ce qu’une forêt nourricière?

Une forêt nourricière est un système de culture inspiré du fonctionnement naturel d’une forêt. Des arbres, des arbustes, des petits fruits, des plantes basses et des aromates occupent différentes strates et interagissent au sein d’un même écosystème.

Que découvre-t-on pendant la visite?

La visite permet de parcourir la forêt nourricière, de reconnaître plusieurs plantes fruitières et indigènes, de comprendre leur rôle dans l’écosystème et de découvrir le travail nécessaire pour maintenir son équilibre.

Elle comprend également une dégustation de produits artisanaux et la découverte d’une exposition de photographies prises sur le site.

Quels produits sont fabriqués à Bois de St-Cyr?

Bois de St-Cyr produit notamment des liqueurs, des spiritueux, des mistelles, des confitures, des gelées, des beurres de fruits et des boissons non alcoolisées à partir de fruits, de petits fruits et d’aromates sauvages ou indigènes.

Peut-on acheter les produits sur place?

Certains produits peuvent être achetés directement auprès du producteur. Les créations sont fabriquées en petites quantités et leur disponibilité peut varier selon les récoltes et les saisons.

À qui cette expérience s’adresse-t-elle?

Cette activité s’adresse particulièrement aux amoureux de la nature, aux passionnés de jardinage et d’écologie, aux amateurs de produits locaux et à toutes les personnes curieuses de découvrir une autre manière de cultiver et de transformer les ressources du territoire québécois.